Publié le mercredi 30 novembre 2011 à 03H00
Rosine Streeter, présidente des Manguiers, Jean-François Torre, président d’Abri partage, Pascale Doniguian Panchou, présidente de l’Accueil, et tous les membres de l’Upsa tapent du poing sur la table.
L’Union pour la solidarité associative (Upsa) qui regroupe des
associations comme Abri partage, les foyers Béthanie et Les Manguiers,
organisait hier une conférence de presse dans ses locaux. L’Upsa dénonce
une situation financière catastrophique des associations, un manque
d’écoute de la part des institutions et l’absence de politique globale
en matière de réinsertion. « C’est un cri d’angoisse qu’on jette à
tout le monde et surtout aux politiques, attaque Daniel Ponchet,
président de l’Upsa. On est là pour faire des propositions pour sortir
du marasme dans lequel on est actuellement. [...] Dans son
discours de politique générale, Harold Martin a précisé qu’il fallait
partager, ne pas laisser de gens au bord de la route. Nous, ça fait des
années qu’on s’occupe de ça et ça fait des années qu’on a des
difficultés à trouver des politiques responsables qui puissent nous
aider. On n’a pas de direction générale précise. On a besoin de
solutions pérennes. »
Réinsertion. Car, pour
les associations, la pêche aux subventions année après année, sans
pouvoir se projeter sur le long terme, est un vrai problème, tant pour
leurs projets de réinsertion que pour la centaine d’employés qu’elles
emploient. « On demande la création d’une structure de type GIP
(groupement d’intérêt public, NDLR) qui permettrait de pérenniser les
ressources nécessaires à ces missions. On a besoin de savoir pour
combien de temps on peut compter sur les gens qui vont nous aider. Des
plans quinquennaux, par exemple, nous permettraient d’avoir une vision,
pour les familles que l’on aide et pour notre personnel
également. »
Les présidents des associations ont énoncé pêle-mêle leurs
problèmes : « Nos femmes restent un an, voire deux ans et
plus, parce qu’on n’a pas de logements pour elles… », explique
Michelle Clarque, présidente du foyer Béthanie. « L’accueil de jour
des SDF a dû fermer le dimanche par manque de moyens et nous ne pouvons
même pas accueillir tous les SDF qui nous demandent asile chaque
soir », rappelle Jean-François Torre, président d’Abri partage.
« Nous avons 11 millions de découvert à la banque, alors que
nous avons des promesses de subventions de 21 millions qu’on attend
toujours », rajoute Pascale Doniguian-Panchou, présidente de
l’Accueil.
Rue. « Il faut
qu’un politique prenne la barre de ce bateau qui navigue actuellement au
hasard, résume Daniel Ponchet pour qui toutes les collectivités doivent
se sentir concernées. Nous leur avons écrit, nous les avons relancés,
on n’a jamais eu de réponse. Nous espérons que cet appel sera entendu.
Soit les politiques se réveillent, et vite, et les exécutifs nous
invitent à une réunion de travail sérieuse dont il sortira des choses
concrètes, soit on va descendre nos problèmes dans la rue en disant aux
gens “on ne peut plus rien faire, allez voir les collectivités“. »
« Nous avons une vraie politique sociale »
Au gouvernement, on s’étonne un peu de ce mouvement de grogne de l’Upsa : « Nous les avons reçus hier (lundi, NDLR) pour un agrément qui régularise la structure », explique Sylvie Robineau, qui reconnaît tout de même la lenteur du versement des subventions. « C’est vrai que c’est toujours long, mais c’est dans les tuyaux. Il n’y a aucun désengagement au niveau du gouvernement, bien au contraire. Nous avons une vraie politique sociale. » Même chose à la province Sud : « Nous avons maintenu nos efforts », précise Jules Hmaloko, secrétaire général adjoint de la province Sud, qui en veut pour preuve les 255 millions de subventions attribuées par la collectivité pour l’aide et l’accompagnement du suivi social. « Nous avons maintenu ce financement en 2010 et 2011 et l’essentiel va à l’Accueil et au foyer Béthanie. » Cet argent sert également au personnel de ces structures, « à la formation des éducateurs par exemple et au personnel technique, car nous travaillons activement à la résorption des emplois précaires ». « Un effort notable » a été fait dans ce domaine, insiste Jules Hmaloko, qui rappelle que cinq emplois ont ainsi été créés en 2009, quatre en 2010 et deux en 2011. Quant aux problèmes de logement, le secrétaire général adjoint répond, lapidaire : « La sortie de ces structures doit être le fait des bailleurs sociaux. C’est à eux d’apporter une réponse. »Patricia Calonne














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